You are currently browsing the tag archive for the ‘amour’ tag.

Sommes-nous capables de laisser notre enfant s’ennuyer ? Sa petite rengaine « je m’ennuie » ne nous replonge-t-elle pas invariablement dans nos angoisses existentielles et nos peurs du vide vécues au même âge ? En parents bien attentionnés, bien décidés à ne pas le laisser souffrir, ne lui trouvons-nous pas rapidement une activité pour combler et lui éviter cette si essentielle angoisse ?

Dès lors nous sommes coupables, coupables d’étouffer sa créativité dans l’œuf…

L’ennui vécu dans la durée permettrait un certain recul sur les affaires courantes. Lorsqu’il s’ennuye suffisamment longtemps l’enfant recourt à toute son imagination en s’appuyant sur ses désirs propres. Pour sortir de cet ennui grandissant il est capable de déplacer des montagnes. Il finit par trouver seul comment sortir de la sensation désagréable. Seul. A sa manière. Il développe sa singularité. Il apprend à se différencier pour autant qu’on le laisse faire. Il trouve des solutions auxquelles il n’aurait jamais eu accès si ses parents aimants étaient intervenus pour lui éviter cette peine. Il explore. Il invente. Il crée. Il donne à voir au monde qui il est. Il ex-iste et en ressort grandit.

Finalement n’est-ce pas rassurant de savoir qu’il peut se débrouiller seul ? Serons-nous capables de le laisser faire ? de le laisser faire à sa manière ?

« Pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort nous sépare »… finalement c’est long une vie et petit à petit cet autre à qui j’ai juré fidélité m’ennuie.  Persuadé que l’autre allait subvenir à tous mes besoins, allait me combler de bonheur, je me suis petit à petit endormie sur mes désirs au profit des siens, et voilà qu’après une quinzaine d’année je commence à trouver le temps long. J’ai vraiment cru que tu allais être la solution à mes problèmes et que je n’allais plus souffrir. Mais voilà je souffre encore, pire encore comme un vague ressentiment pointant son nez, une petite voix qui crie, mais qu’est-ce que tu fous, tu lui as donné tes meilleures années, tu as mis de côté tes rêves d’enfant pour lui, vas-tu te bouger ? » Ce couplet ne vous semble-t-il pas familier ? N’est-il pas plus facile d’accuser l’autre plutôt que de prendre responsabilité de nos choix et nos non-choix ?

L’ennui ici semble avoir un objet, c’est toi, l’autre, celui que j’ai pourtant choisi qui m’ennuie. Mais en sommes-nous bien certain ? Nous sommes probablement déçus de ne pas avoir réalisé nos rêves, mais pouvons-nous tout lui reprocher ? Les décisions (ou non décisions) que nous avons prises ensemble sourire aux lèvres ou rage au cœur ne sont-elles pas aussi nos choix, élaborés et pris en commun ? Est-ce la faute de l’autre si nos vies endiablées nous imposent des rythmes difficilement tenables dans la durée, si nous n’arrivons plus à trouver l’énergie à force de faire toujours passer tout le reste avant nous ?

Non, soyons honnête, il est bien plus facile de charger l’autre pour nos manques de courages, nos actes manqués, nos choix non investit. Parce que oui vivre ses choix demande de s’investir et surtout, d’oser changer. Certaines de nos décisions n’étaient-elles pas une bonne façon de nous éviter ce travail ? Accuser l’autre ne nous permet-il pas une nouvelle fois de l’éviter ?

Les couples subissant aussi le poids de la culture, de l’éducation et surtout de l’horloge biologique finissent par vivre amèrement certains choix apparaissant alors comme des imposés qui finissent par peser. Nous revoilà retombant dans la spirale de l’agir (cfr autres articles sur l’ennui). Les couples tentent alors de fuir ce nouvel ennui, attribué à l’autre, dans le travail, les maîtresses, le sport, l’alcool, le jeu… Ils oublient que leurs décisions ne sont pas immuables et qu’ils peuvent décider d’en faire autrement.

Accueillir que cet ennui est aussi, en tout ou en partie, un ennui de soi et y travailler de son côté, reconnaître que nous sommes aussi responsables des bonnes ou mauvaises décisions de couple que nous avons prises, arrêter d’attendre ce que l’autre ne peut pas m’offrir, porter un autre regard sur ce que l’autre peut par contre bel et bien amener dans le couple et le chérir… et bien sûr s’écouter vraiment l’un et l’autre sans vivre tout ce qui se dit comme un reproche ou une accusation d’avoir mal fait, mais comme des aléas parfois difficiles de la vie que nous avons choisi de partager, qui nous accable tous les deux et que nous pouvons, si nous le souhaitons, accueillir ensemble, traverser ensemble, résoudre ensemble.

Voilà ce que je souhaite à tous les couples, se déposséder quelque peu de soi pour accueillir l’autre dans sa différence et son imperfection. Laisser une place aux désirs de chacun afin de pourvoir ensuite nourrir les désirs du couple… parce que le désir nous pousse à l’aller vers et que c’est dans ce mouvement que se trouve l’énergie du vivant !

La liberté est-elle un concept raisonnable ? La pensée seulement a t’elle le droit d’être libre? Au regard de la vie de Sartre et de ses amours multiples, la liberté se doit-elle aussi de passer par celle du corps? Sommes-nous assez alignés, avons-nous assez confiance que pour vivre avec l’infidélité du désir de l’autre? Comment soutenir le droit au détournement? Et que faire de l’illussion de toute puissance, de reine du foyer, de sultane de la couette? Si nous savons que nous sommes seuls, pourquoi exiger l’exclusivité du corps?

Je ne bouge plus. C’est tellement fort que ma respiration se bloque. Tu es là contre moi. Tu dors. Je sens ton souffle soulever ta poitrine. J’ai peur de te réveiller et te sortir de cette immense quiétude où tu as plongé. Je suis émue de voir ton corps nu offert à mon regard. J’observe chaque détail autrefois aperçus sans jamais oser s’attarder. Aujourd’hui, je prends le temps de te contempler, de retenir la douceur de ta peau, le galbe de ta jambe, la force de ton bras. Ce torse tant et tant imaginé, ce grain de beauté inattendu… j’enregistre pour les jours de pluie la lumière de ton corps, la courbe de ta joue, la douceur de tes lèvres. Je prends le temps de garder le meilleur. Souvenirs sucrés pour les jours de doute. J’aime ce corps endormi sans question, sans retenue. J’aime quand tu baisses la garde et me laisses voir celui que personne d’autre ne connaît. Celui qui se livre pour moi dans cette simplicité commune tant redoutée. J’aime ces sentiments vrais, forts, éphémères…

Finalement tout est possible. L’énergie à déployer n’est pas tant ce que je vais mettre en place, mais plutôt comment je peux organiser sa mise en place. Je palpe le désir tous les jours de rencontrer l’autre et de faire chemin avec lui sur les traces de son humanité. Il n’y a plus de peurs, il y a du « comment ». Comment faire pour vivre de mon désir, pour le vivre sans négliger ma vie de famille, pour retrouver du plaisir et faire face à ce qui est. Dans cet entre deux encore je toussote. Un pas en arrière, un pas en avant et ce temps semble long. Pourtant sans me l’avouer j’avance à petit pas. L’organisation demande une fameuse désorganisation, un nettoyage de ce qui a été et de ce qui est encore pour faire de la place, pour que puisse advenir. Je me désencombre de l’inutile et me retrouve de plus en plus présente à moi. « Prendre soin de soi ». Je comprends enfin le sens de cette phrase jetée si souvent « Prends soin de toi ». Ce n’est pas un bain, ce n’est pas une ballade. C’est mille bains, mille ballades. C’est au quotidien. C’est prendre conscience de ma fragilité. De comment le quotidien me replonge dans l’oubli de moi. Moi qui étais si peu importante à mes yeux. Comme si tout mon apprentissage avait été de faire attention à l’autre et surtout à ce que l’autre pensera de moi. Orientant mes faits et gestes. Pour finalement être complétement désorientée par le désir de l’autre. Je finissais par n’aspirer qu’à être désirée pour affiner mes contours, pour me sentir vivante, pour ne pas mourir tout en mourant à petit feu. De prise de conscience en prise de conscience, de nettoyage de printemps en nettoyage permanent, j’ai fini par me sentir vivante en goûtant à l’énergie de mon désir propre. Tout à coup le gouffre de l’insécurité devint tunnel. Dans le noir je fabriquai des murs me permettant de revenir vers la lumière. Vers ma lumière. J’en suis là. Au bout du tunnel, je la vois. Je la sens. Tout mon être sent que c’est possible, que ce n’est plus loin… encore un peu de patience, d’indulgence, de conscience, de travail. Sans abandonner l’autre, je me prends par la main et m’offre la sécurité qui me conduit sur la route de la liberté. C’est le cadeau que je m’offre, c’est le cadeau que je t’offre, c’est le cadeau que j’offre à mes enfants…

Quelques effluves, des bulles d’ivresse oubliées qui refont surface, un souvenir doux et intense à la fois. Tu me dessines et chacune de tes carresses affine mes contours, tes doigts réveillant les cellules endormies par le clapotement des vagues du quotidien. L’illusion d’une rencontre au plus profond et pourtant, l’intime conviction d’avoir touché nos solitudes… La flamme ravivée, nous brillons à la lumière du désir évanoui. Ton souvenir m’entraîne une nouvelle fois aux portes de la mélancolie. Sans sombrer, je remonte à pas lents vers la vie, consciente de l’ivresse des profondeurs, confiante en l’avenir et ses surprenantes courbes…

Je caresse mon clavier espérant sentir le feu de ta main me transpercer et m’évanouir de plaisir sous la volupté de tes doigts experts… tu viens me chercher au plus profond de mon être et je ne sais plus où je suis, où je vais… je suis perdue dans cet univers où le désir règne en maître, mais le souvenir de ton sexe laisse mes lèvres sans voix, embrase mon corps quelque soit le lieu, l’instant. J’ai envie de t’emmener savourer ces jeux interdits qui nous brûlent tant nous nous sommes retenus… une timidité telle une fausse pudeur laisse place à l’imagination. Je te sens, je t’enlace, tu me retournes, tu me prends… sauvage et précis, brutal et doux, fort et sensible à la fois… un mélange prometteur qui me terrifie tant je ressens les effets de ton corps sur le mien telle une vague qui me submerge, tel un trésor qui se découvre…

Quelques minutes d’énergie pure, d’harmonie passionnelle où je ne cède plus à la raison, où je suis entièrement moi… nue, vierge de tout apparat, où mes sens et mon instinct reprennent le dessus des conventions. Je suis le feu, le pur noyau brut. Sensuelle, extrême. Quelques minutes où je me donne sans compter, sans réfléchir. Où le corps reprend ses droits, où la tête attendra…

Tu es ma parenthèse dans ce monde de belles phrases. Tu es mon secret dans ce monde sans mystère. Tu es la ride sur mon visage lisse, celle qui reflète ma nature profonde. Tu es ma si belle imperfection. Le sillon qui me révèle. La ligne d’un nouvel horizon où je n’ai plus peur…

Les tout crus sont visiblement bonnes pâtes, et plutôt exigeants… ils aiment les potées bien mijotées à base de bons légumes bien frais qu’ils ont cueillis au jardin et épluchés avec amour pour régaler les tout cuits. Sans être nécessairement bonnes poires pour autant,  les tout crus se se lient facilement avec les tout cuits pour le moins admiratifs (ce qui comble leurs égo, leurs manques, leurs blessures narcissiques…), mais surtout pleinement heureux de ce que les tout crus les maintiennent dans la douceur sucrée de tout cuits… Lecteurs tout crus, attention, si vous essayez à votre tour de goûter aux délices des tout cuits en inversant les rôles, vous risquez de tomber sur un os… trop habitués à être compotés par des tout crus qui aimaient nourrir, ils trouveront l’addition salée… un tout cru averti en vaux deux!

Ce silence… obsédant ; libre de toute interprétation. De ce silence je me nourris imaginant tout et son contraire. Silence obtus de l’indifférence, silence carré de la raison, silence provocateur de la passion… qui me pousse, m’entraîne et me retiens. Telle une vague écumant mes pensées. Je le hais et il m’intrigue, je l’admire et le méprise ce silence où tout et rien n’est possible… celui qui ouvre et qui referme… qui me laisse lasse sans réponse. Parfois complice, il plonge les mots dans un regard et tout est compris. En un regard, la page se tourne sans jamais refermer le livre. Une histoire sans fin, sans acteurs, à peine spectateurs de leurs désirs inébranlables.

Hellocoton